M. Matar Séne, délégué général à la protection sociale et à la solidarité nationale a procédé ce mardi 27 janvier 2026 à l’ouverture de l’atelier de partage de la recertification du programme national de Bourses de Sécurité familiale (PNBSF). De nouveaux bénéficiaires issus du Registre national unique (RNU) seront accueillis.

« Votre participation est précieuse, car ce dont nous parlons aujourd’hui touche directement la vie des familles, des ménages qui comptent sur ce soutien pour tenir, avancer, scolariser leurs enfants, se soigner, régulariser leur état civil. C’est concret et déterminant. Je remercie également nos Partenaires au Développement et les organisations de la Société civile. Votre engagement, votre proximité avec le terrain et votre capacité d’écoute nous aident à mieux agir et à rester au plus près des réalités. Dans la Vision « Sénégal 2050 », notre pays fait le choix d’une nation plus équitable, plus solidaire et plus forte. Dans cette ambition, la protection sociale n’est pas un sujet secondaire : c’est un pilier fondamental. Un pays avance mieux lorsqu’il protège les plus vulnérables et réduit les inégalités », a souligné M.  Matar Séne, délégué général à la protection sociale et à la solidarité nationale.

Il estime que la Délégation générale à la Protection sociale et à la Solidarité nationale (DGPSN) travaille quotidiennement à consolider un socle national de protection sociale au bénéfice de l’ensemble de la population.

Il poursuit : « Le PNBSF constitue l’un des outils les plus visibles et les plus structurants de cette politique. Les résultats sont probants : 355 013 bénéficiaires accompagnés, dont 290 080 ménages pauvres, 64 873 personnes vivant avec un handicap détentrices de cartes d’égalité des chances, et 60 familles d’enfants en situation de rue. Ce soutien financier, assorti d’engagements en matière de santé, d’éducation et d’état civil, a permis à ces familles de se stabiliser et de faire face. Mais nous le savons : la vie évolue. Les situations changent. Certains ménages deviennent moins vulnérables, tandis que d’autres basculent dans la difficulté. Pour rester justes, nous devons rester à jour. C’est précisément le sens de la recertification. Après plus d’une décennie de mise en œuvre, elle est devenue indispensable, non pour compliquer les procédures, mais pour corriger, renforcer et sécuriser le dispositif ».

Il souligne que la recertification poursuit trois objectifs fondamentaux à savoir : l’équité : garantir que l’aide parvienne réellement à celles et ceux qui en ont besoin, sans exclure les ménages éligibles ; ensuite, la confiance : une politique sociale s’inscrit dans la durée lorsqu’elle est transparente, comprise et perçue comme juste et enfin, l’efficacité : mieux cibler, mieux gérer les ressources et produire davantage d’impact social, car chaque franc investi doit réellement compter.

M. Séne rajoute : « Cette recertification permettra également d’accueillir de nouveaux bénéficiaires issus du Registre national unique (RNU), dont la mise à jour et l’extension à un million de ménages viennent d’être finalisées. C’est un acquis majeur qui nous offre une base plus large et actualisée pour mieux orienter l’action publique. L’objectif de cet atelier est clair : nous accorder sur une stratégie de recertification à la fois rigoureuse dans sa conception et réalisable sur le terrain. Concrètement, nous devons clarifier : l’approche et les critères de recertification ; les modalités pratiques sur le terrain, en lien avec les services déconcentrés et les collectivités territoriales ; le calendrier et les responsabilités ; l’organisation du pilotage, du suivi et de la coordination ; la communication, pour éviter rumeurs, incompréhensions et tensions ; les mécanismes de réclamation, de protection des données et de respect de la dignité des bénéficiaires ».

Il conclut : « J’insiste sur ce dernier point : nous parlons de personnes. La recertification doit être rigoureuse, certes, mais aussi respectueuse, aussi simple que possible et accessible. Lorsque des familles contestent une décision, le dispositif de recours doit être clair, rapide et équitable. Votre rôle aujourd’hui est déterminant. Nous avons besoin de vos retours d’expérience, de vos alertes et de vos propositions. Nous devons ensemble identifier ce qui fonctionne, ce qui pose problème et comment améliorer nos pratiques. Surtout, nous devons sortir de cet atelier avec des recommandations concrètes, applicables et partagées ».

Quant à M. Malick Ndome du CONGAD, il avance : « À travers les activités et les échanges prévus sur la recertification des bénéficiaires du PNBSF qui est devenu un impératif stratégique, « elle vise aussi à assurer une gestion plus rigoureuse et transparente du programme, à favoriser une rotation équitable des bénéficiaires selon leur statut socioéconomique et à garantir que les ressources de l’État profitent aux populations les plus vulnérables ».  Chacun d’entre vous a quelque chose à apporter et quelque chose à apprendre. C’est dans cette dynamique que naissent les équipes fortes porteuses d’innovations pour un plaidoyer fort envers le Gouvernement du Sénégal ».

La représentante de la Banque mondiale, avance : « C’est un moment qu’on attendait depuis plusieurs mois en raison de l’importance du PNBSF. Le PNBSF a été crée en 2013 et il a vu une augmentation progressive du nombre de bénéficiaires depuis 2013. Il a commencé avec un petit nombre de 58 bénéficiaires jusqu’à atteindre 500 000 bénéficiaires en 2016. En 2023, il représentait 355 000 ménages bénéficiaires ».